Il y a un avant<br>et un après

Il y a un avant
et un après

MICHÈLE BRUNARD

Comment avez-vous su que vous faisiez un infarctus ?

Quasi tous les membres de ma famille sont décédés d’une maladie cardiovasculaire. J’avais vécu en direct l’infarctus de mon père. J’ai donc tout de suite compris ce qui m’arrivait, rien qu’aux symptômes (une sudation intense, des vomissements, une perte de force…).
Je me suis dit : « Voilà, c’est mon tour ». Et j’ai appelé une ambulance, qui m’a emmenée aux urgences, où j’ai été prise en charge directement.

Avez-vous dû changer votre façon de vivre ?

Pour moi, il y a clairement un avant et un après.

Avant je faisais de la gymnastique une fois par semaine, maintenant je vais 3 fois par semaine au cours de gym cardiovasculaire à l’UCL… Je ne joue plus au tennis, ou alors parfois en double, doucement.

J’ai dû prendre de nombreux médicaments qui m’ont fait prendre du poids, malgré le fait que je faisais de l’exercice régulièrement.

Je suis souvent essoufflée, à la traîne. On est très vite « classifiés ». Les gens vous disent : « Va à ton aise ». Un complexe d’infériorité physique s’installe peu à peu, vous vous sentez diminuée et dépendante. Par exemple, je ne peux plus porter mes valises toute seule.

Comme je le dis souvent à mon mari, je suis en fait comme une voiture américaine : « ça brille à l’extérieur, mais à l’intérieur, c’est rouillé ».

S’il y avait eu un dépistage, auriez-vous adapté votre façon de vivre ?

En fait, vu les antécédents dans ma famille, j’étais déjà suivie par un cardiologue et je prenais des hypotenseurs. Et je mangeais équilibré (je suis nutritionniste !), je faisais du sport. J’avais arrêté de fumer (mais j’avais pas mal fumé avant, c’est vrai).

Êtes-vous confiante dans l’avenir ?

Je n’envisage plus l’avenir, je suis de plain-pied dans le présent, je profite de chaque instant de la vie. Je ne m’encombre plus de futilités, je suis moins émotive, je me suis construit une carapace.

Je n’ai pas spécialement peur de l’avenir. J’ai aujourd’hui confiance dans le corps médical hospitalier : j’ai découvert que, contrairement à mes préjugés, je n’étais pas un numéro. Par contre, chaque fois que je pars en voyage et me retrouve dans un endroit loin de tout centre médical, je ne peux m’empêcher de penser que s’il m’arrive quelque chose, je suis « cuite ».

Je n’ai plus peur de la mort en tant que telle. J’ai déjà vécu la mort, en quelque sorte. J’ai fait un arrêt cardiaque juste avant l’opération, ils m’ont récupérée avec les fers. Ce qui m’angoisse, c’est de causer des problèmes à ma famille.

Si j’avais pu éviter l’opération, <br>
je n’aurais pas dit non !

Si j’avais pu éviter l’opération,

je n’aurais pas dit non !

ACHILLE GERMIAT

Comment avez-vous su que vous faisiez un infarctus ?

C’était il y a 9 ans, j’étais dans mon fauteuil, je regardais la télé et je ne me sentais pas bien du tout. On a fait venir le médecin et il a tout de suite appelé une ambulance. J’ai dû subir un triple pontage. Et une 2e opération par après, car j’ai eu des saignements et des caillots suite à la première opération.

Avez-vous dû changer votre façon de vivre ?

J’avais 74 ans, mais je faisais heureusement beaucoup de sport (du vélo, de la natation, du football), ça m’a aidé à récupérer. Depuis lors, j’ai repris une vie normale et je nage, je roule à vélo encore régulièrement.

Le grand changement, c’est la prise de médicaments et le fait que je dois aller toutes les trois semaines aux Cliniques Saint-Luc pour vérifier mon taux de coagulation.

Avez-vous peur d’une récidive ?

Je suis plutôt confiant en l’avenir. Je me sens super bien pris en charge. Le professeur Beauloye, Madame Yolande et Madame Florence, c’est vraiment une équipe fantastique !

Si on avait pu dépister la maladie, auriez-vous changé de comportement ?

Je ne me sentais pas « à risque », car je ne fumais pas et je faisais du sport. Donc, je ne faisais pas de contrôle. Mais si mon médecin l’avait vu dans ma prise de sang, j’imagine que j’aurais pu éviter l’opération et ça, je n’aurais pas dit non !

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